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lundi 04 mai 2020

Le Covid-19 rend intelligent !

par Charlotte Bellet

Il faut revoir le film que Ron Howard a consacré en 2001 au célèbre mathématicien John Forbes Nash : Un homme d’exception. Le confinement est mieux qu’une occasion de le faire, il l’impose presque. Car ce film rappelle très bien ce que Nash a solidement établi : la coopération est plus efficace que la compétition. Contrairement à une idée reçue de certains classiques de la pensée économique, il est souvent plus rentable d’agir ensemble dans un but commun que de poursuivre son intérêt individuel. L’intelligence collective est une force et la crise sanitaire que nous traversons nous dicte d’y recourir.

Cette crise nous aura fait découvrir le plaisir de travailler différemment : ensemble, à travers les plateformes d’échange, pour faire émerger autrement des solutions nouvelles. Elle nous pousse à nous interroger sur ce que nous souhaitons conserver de cette expérience inattendue, pour inventer les pratiques de demain. Quelle part de cet apprentissage décidons-nous d’injecter dans notre quotidien professionnel ? Les franchisés, les concessionnaires, tous les membres d’un même réseau de distribution ne doivent en effet plus se satisfaire des modalités de collaboration mises en place, plus ou moins ponctuellement, plus ou moins structurellement, par la tête de réseau. S’il appartient bien à cette dernière de fixer les lignes de la stratégie et de faire évoluer son savoir-faire, chaque membre du réseau a intérêt à œuvrer dans un intérêt commun : Nash dixit. Or chacun a des compétences à faire valoir et c’est son propre intérêt, comme celui du réseau auquel il appartient, de les mettre à contribution.

Le réseau est avant tout la somme d’individus qui peuvent s’apporter beaucoup. Un tel est calé en informatique, un autre est un ancien comptable ; un autre encore est un redoutable acheteur, un autre enfin maîtrise parfaitement l’art du management. Il faut réinventer notre approche en faisant circuler les talents, visions, intuitions et expériences, car chacun génère ainsi une partie de la solution. J’ai vu plusieurs réseaux en faire l’expérience ces dernières semaines. Le partage ne prive personne, bien au contraire car chacun reçoit bien plus qu’il ne donne. Dans la mise en commun, l’échange est de nature à faire avancer tout le monde, à permettre à chaque fonds de commerce de progresser à tous les niveaux.

La crise du Covid-19 a spontanément donné lieu à ce genre d’expériences collaboratives. Des forums de discussion sont nés, grâce aux technologies actuelles dont on n’a décidément pas fini de mesurer les potentialités. De véritables bourses aux bons tuyaux sont apparues sur WhatsApp, Teams, Facebook et sur les autres supports. L’imagination n’a pas de limites. L’intelligence collective permet aux membres d’un même réseau d’innover et d’agir.

La crise dessine un monde qui appelle de nouveaux comportements. Il faut développer le réflexe qui consiste à travailler avec les autres, ensemble. Abandonner la culture de l’individualisme afin de partager une vision commune. Le réseau est le creuset naturel d’un dialogue permanent où chacun peut exprimer ses idées sans fard, lancer des initiatives sans retenue. Cela permet de régler des difficultés ou de les anticiper. Mais surtout, cela permet, une fois le réseau organisé et structuré, de favoriser l’émergence d’idées pratiques qui, soumises à la discussion, accouchent nécessairement de projets concrets et créatifs.

Pour mettre en œuvre cette intelligence collective, les caractéristiques de chaque réseau seront prises en compte afin que les informations circulent facilement, gratuitement et régulièrement. En fonction des réseaux, c’est un groupe de discussion, une visioconférence, une plate-forme d’échange de documents ... Toutes les idées sont bienvenues et vont s’affiner avec la pratique à cette fin : développer l’intelligence collective pour un réseau innovant, dynamique, humain et redoutablement efficace.

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